La Liberté d'Être Soi
Ce titre n’est pas une blague ou le thème d’un prochain spectacle ou bande dessinée. Cet article est une simple constatation, témoignage d’observations ou encore d’expériences sur le terrain.
Le chemin spirituel n’a rien à voir avec les dons ou capacités ésotériques ou extrasensorielles, c’est une recherche profonde sur son identité intérieure, sur son rôle dans la vie, son chemin. C’est avant tout une introspection, une remise en question afin d’accepter puis d’éliminer les obstacles sur notre route. Les obstacles à cette vérité intérieure viennent de nos croyances, de nos peurs, de nos conflits avec l’extérieur et nous-mêmes, de nos maladies et attachements à ce monde ou à la matière. C’est ouvrir les yeux sur le monde, aller au-delà de l’illusion, de la dualité et comprendre son rôle. Sommes-nous là pour prendre ou pour donner ? Et comment ?
Le thème de la spiritualité semble « à la mode » et se vend très bien. Il n’y a qu’à voir les rayons des librairies qui mélangent allègrement spiritualité, religion, ésotérisme, astrologie, qi gong, yoga, méditation… Comment s’y retrouver, dans ce dédale de savoirs, ces arts ancestraux ou ces analyses théologiques, quantiques et spirituelles ?
Si nous regardons des chaînes comme YouTube, le nombre de vidéos relayant la spiritualité est incroyable, quelle que soit la langue, du maître indien à l’éveil d’un être, de la pratique de méditation aux musiques électroniques qui guérissent sans rien faire, des « channeling » au tirage de cartes… Nous apprendrons des choses, perdrons du temps aussi, mais serons-nous pour autant sur un chemin spirituel ?
La spiritualité semble se vivre de plus en plus depuis son canapé à travers un écran, des visioconférences ou encore des écrits. S’informer est une chose, mais se croire sur un chemin spirituel parce qu’on se pose des questions et que l’on a lu tel ou tel ouvrage ou visionné des vidéos et des documentaires est dangereux. Cette multitude d’informations donne naissance à des « je sais tout », mais qui ne vivent rien, se perdant un peu plus dans une illusion du savoir. Pourquoi ? Parce que ce savoir, comme le fait de pouvoir citer des maîtres de telle ou telle religion, ne fait pas de nous un être dit « spirituel ». Pouvoir parler des heures d’une idée, d’un concept, avoir des théories toutes plus ou moins justes les unes que les autres n’ouvre pas le cœur de celui qui sait. Le chemin spirituel est un choix entre soi et soi, entre soi et son Dieu intérieur. C’est aller vers un égrégore que nous choisissons consciemment, et non un shopping entre techniques et théories que les autres ont vécues.
Ce n’est pas parce que nous nous identifions à une expérience ou vérité d’un être que nous l’avons vécue consciemment et que nous l’avons pleinement intégrée. Méditer devant un écran peut nous aider, à condition d’y mettre l’intention et d’avoir du discernement quant au support qui nous accompagne. Celui qui choisit plusieurs chemins se perdra, car il n’y a qu’une vérité, celle du cœur.
Oui, des portails énergétiques nous ouvrent des portes, le changement de lune aussi, puisque nous sommes dans un système solaire régi par des énergies qui nous dépassent mais qui nous affectent, à condition de faire un choix. Les miracles existent, mais la spiritualité est un travail, un engagement au quotidien. Regarder ou suivre des vidéos de messagers qui sont guidés par des archanges, prophètes ou saints, ce n’est pas faire un travail spirituel, c’est découvrir, acquiescer, commenter, mais ce n’est pas être dans cette intériorité, d’où l’expression « La Spiritualité sur le canapé ». Ces messages peuvent nous conforter sur ce que nous traversons, mais jamais ils ne peuvent nous donner la vérité intérieure.
Peut-être que c’est un passage avant de franchir le cap et d’ouvrir la porte de la cave. Être suivi par un psychologue, aller voir un thérapeute, se faire accompagner, peut être une première étape, car connaître l’origine de certaines peurs nous aide, mais il y a encore plus à découvrir dans ce cœur conscient. Celui qui décide de suivre ce chemin intérieur reste à vie un élève, celui qui apprend avec humilité et discernement pourra s’éveiller et enfin mourir à lui-même pour faire passer la lumière.
La spiritualité ne peut se vivre d’un canapé, n’a-t-on jamais vu un grand reporter commenter les actualités sans sortir de chez lui, partir à l’aventure ou dépasser les frontières du connu ? La spiritualité se vit beaucoup dans le silence, puis avec les autres, en s’ouvrant à ce qui se passe tout en restant attentif, centré, en gardant son discernement et non son esprit critique. La spiritualité n’a pas besoin de grands discours, mais de certaines qualités, comme la persévérance, le courage, l’honnêteté, la foi et surtout l’amour. Ainsi, notre conscience peut s’ouvrir à autre chose et nous éloigner de notre condition d’humain venu vivre une expérience spirituelle.
Celui qui parle du cœur, mais qui ne vibre pas l’amour, qui s’écoute parler, cherche à faire de l’audience ou se cache derrière ceux qui ont des capacités ou un tempérament hors norme, n’est pas spirituel. Peut-être qu’il aspire sincèrement à vivre ces mots, alors prions pour que tous ceux qui parlent du cœur assis dans leur canapé rayonnent l’amour et fassent germer les graines de la nouvelle humanité. Pour ce faire, il est nécessaire de s’activer consciemment chaque jour dans ce renouveau qui ne s’arrête jamais et enfin de se lever de ce canapé !
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